Invasion

* Anténaor Bombyx

Troisième planète du système solaire

Temps universel : 102  324 .12.10

Nous avons atterri en pleine phase solaire au milieu d’une forêt de grandes herbacées. La végétation locale est abondante, variée et imposante. Les vents locaux, bien adaptés à notre morphologie, nous ont permis d’entreprendre rapidement l’exploration. Nous avons atteint en quelques secondes de temps universel les premières formations florales qui nous ont permis de nous restaurer quelque peu. L’écosystème a l’air des plus accueillants mais nous savons qu’il ne faut jamais se fier à une première impression.

A 9h34, heure solaire locale, le capitaine Hexapode a établi un premier contact avec la population locale. L’individu appréhendé était de forme insectoïde, muni de six pattes et d’une paire d’ailes couvertes de vastes protections rigides rouges à points noirs. Quoique assez gracieux et évolué sur le plan morphologique, l’individu ne semble pas appartenir à une forme de vie intelligente. Il est néanmoins dépourvu de de toute forme d’agressivité et nous a laissés continuer notre chemin sans difficulté.

Dans les minutes qui ont suivi, nous avons croisé plusieurs formes de vie insectoïdes de formes, couleurs et systèmes moteurs variés. L’analyse phéromonale a révélé à plusieurs reprises des formes de communication entre individus d’une même espèce mais il ne semble pas exister de communication entre espèces différentes et nous sommes manifestement passés inaperçus. Si certaines de ces espèces possèdent une intelligence évoluée, elle est à coup sûr trop primitive pour faire obstacle à notre installation.

Cette planète nous semble prometteuse. D’abondantes structures végétales géantes constitueraient d’excellentes bases de colonisation. L’analyse de l’atmosphère au ras du sol révèle des concentrations inhabituelles en gaz carbonique et en certains gaz rares mais elles ne semblent pas faire obstacle à la diversité écologique. Nous avons croisé à plusieurs reprises des concentrations d’eau suffisantes pour alimenter des colonies de plusieurs milliers d’individus. Un élément nous intrigue néanmoins : la présence d’un artefact manifestement issu d’une intervention intelligente. Il s’agit d’une immense bande de matière bitumeuse rigide. Nous avons d’abord essayé de la contourner mais nous nous sommes vite résolus à la traverser tant son étendue semblait infinie.

* Anténaor Bombyx

Troisième planète du système solaire

Temps universel 102 324.12.14

L’évacuation intégrale et définitive de la planète a été décidée par notre second Bugatius Minor. Nous avons en effet découvert une forme de vie monstrueuse à laquelle il serait déraisonnable d’exposer nos populations.

A 10h44, heure solaire locale, nous avons atteint un lieu étrange. Les herbacées semblaient avoir subi une violente tempête et avaient été entièrement rasées à hauteur de trois centimètres standard. La géologie semblait quant à elle peu naturelle : les étendues d’herbacées étaient entourées de dérochoirs d’une exceptionnelle régularité eux-mêmes bordés de constructions en bois à peine plus hautes que les herbacées. Le capitaine Hexapode a volontairement engagé l’exploration de la zone dévastée, conscient de la nécessité d’évaluer tous les dangers possibles avant de lancer une colonisation. L’Histoire rendra hommage à son héroïsme.

A 11h02, nous avons abordé une forme de vie géante non insectoïde. Elle dégageait une chaleur impressionnante mais ne bougeait que très lentement. Ses dimensions étaient trop vastes pour que nous puissions en prendre toute la mesure depuis le sol. Le capitaine Hexapode a donc pris la tête d’une équipe réduite préposée à l’ascension du monstre. Nous montions depuis dix secondes standard lorsqu’une immense pince s’est refermée violemment sur Hexapode. Il n’a eu que le temps d’appeler au repli avant de mourir écrasé entre les membres du redoutable géant.

L’évacuation a été immédiatement décidée et nous quittons sans espoir de retour cette planète si accueillante où notre pacifique espèce a été précédée par la forme de vie la plus effrayante qu’il nous ait été donné de rencontrer.

* Julien Desjardins

Monts du Lyonnais

25.07.2014

11h03

Julien profitait des derniers brins de fraicheur de la matinée. Bientôt les chaleurs de l’après-midi écraseraient le jardin et interdiraient toute sortie superflue. Il méditait dans l’herbe sur la beauté du ciel et l’immensité de l’univers lorsqu’il sentit un chatouillis sur son bras droit. Il attrapa un petit insecte vert, tout en pattes et en antennes, dont la forme ne lui était pas familière. Trop peu féru d’entomologie pour deviner si un tel insecte était susceptible ou non de piquer, il l’écrasa et évacua ses congénères d’un revers de main, puis rentra préparer le repas.

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